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Article paru dans

Article de Thomas Renou dans le Nouvel Observateur Paris, édition Paris Ile de France n° 2135 du 6 au 12 octobre 2005

Cette page est régulièrement consacrée à une personnalité qui habite Paris et à ses lieux préférés.

Ces sites nous soutiennent pour faire mieux connaître l'oeuvre de Dominique Barbéris.

Dominique Barbéris -

La femme-pluie

Romancière et enseignante en stylistique, son thriller parisien “les Kangourous” (Gallimard/l’Arpenteur) a été adapté au cinéma par Anne Fontaine dans “Entre ses mains”.
 

Elle a fait ses études dans le 5 e , au lycée Louis-le-Grand. Elle enseigne aujourd’hui de l’autre côté de la rue, à Paris-IV, et vit tout près, depuis bientôt quinze ans. Ne pas s’y tromper : « Je suis une provinciale, plus lente, plus attachée à la réalité des choses, au climat. A Paris, on est protégé. » Le climat est un personnage dans l’imaginaire de Dominique Barbéris. Surnommée « la femme-pluie », parce que la pluie inonde ses romans. Elle la peint comme chaque chose, avec la précision d’un maître hollandais. « Comme si, pour l’exprimer, pour la représenter, il fallait arracher la matière du monde à des pans entiers de mystère » , écrit-elle dans « les Kangourous » (2002), le roman dont est tiré le dernier film d’Anne Fontaine, interprété par Benoît Poelvoorde et Isabelle Carré. La réalisatrice n’a pas gardé, comme théâtre de cette histoire de femme en proie à sa fascination pour un meurtrier, le trouble Paris de Barbéris. Seul regret de la romancière, qui a trouvé le film « remarquable » . Ce Paris hitchcockien que l’on retrouve quand elle évoque son quartier du 5 e , « un peu retiré, comme le jardin des Plantes. Comparé au Luxembourg, très beau, très arrangé, il y a dans ce jardin des zones abandonnées, des endroits cassés, vous y voyez des gens errer, peut-être en raison de la proximité des gares. »
Dans son dédale de petites rues ne vivraient que des étudiants, « puisque l’été, le quartier se vide ». Le mélange se fait selon les classes d’âge. Ce lieu millénaire dont seul « le nettoyage » évoque la modernité lui plaît : « La façade du lycée Louis-le-Grand me sidère toujours, car je l’ai connue tellement noire... » Passé le Luxembourg, « quand la rue Gay-Lussac devient la rue Claude-Bernard, quand elle devient plus triste, qu’elle s’enfonce en descendant, j’ai l’impression qu’on est loin de l’activité de la ville, de son centre : il redevient possible de rêver » . S’il y a bien une chose qui ne la faisait pas rêver, c’était Paris 2012. Elle était à Athènes pour l’ouverture des JO : « J’ai trouvé oppressante cette atmosphère, cette affluence. C’est peut-être méconnaître les retombées économiques, mais je crois que Paris peut faire tellement mieux pour son rayonnement culturel… »

Thomas Renou

Ses lieux

Ciel mon Paris !

« On voyait le sommet de la tour Eiffel comme si cette portion de ciel avait été dessinée spécialement pour des touristes japonais. Lydia Kaddish le contempla avec reconnaissance. C’est le ciel de Paris, se dit-elle, un ciel célèbre. Et le ciel parut soudain plus précieux et plus rare, le ciel de Paris calme et lent comme le fleuve Niger, où de grands crocodiles sournois glissaient entre l’étroit briquet de la tour Montparnasse et la Seine. »
« Ce qui s’enfuit » (nouvelles), de Dominique Barbéris, Gallimard/l’Arpenteur.

Dominical

« Librairie ouverte le dimanche matin, c’est agréable d’y passer après le marché de la rue Mouffetard. » 
L’Arbre à lettres,2, rue Edouard-Quenu (5e) ; 01-43-31-74-08.

Étrange

« Ce salon de thé, tenu par une dame qui a des cages avec des oiseaux, est très familial, très anglais. »
Caramelle, 6, rue de l’Arbalète (5e) ; 01-43-31-59-88.